C'était il y a trente ans, jour pour jour. Oh, pas de nostalgie (allez, bien un peu), juste l'idée de transmettre, d'expliquer, de fouiller dans l'Histoire du HAC, et de témoigner de l'un des plus grands moments. Parce que cette date a marqué les esprits, parce que ce match est un souvenir extraordinaire. Parce qu'il est essentiel, sans être passéiste, de savoir quelles sont ses racines.

En ce samedi 11 mai 1985, les données sont simples : le HAC est premier au classement du groupe A du championnat de deuxième division. Mais seule la différence de but lui confère cet avantage. Son dauphin est Mulhouse et, extraordinaire fait du hasard, la dernière journée du championnat oppose les Ciel et Marine à cette équipe alsacienne dirigée par Raymond Domenech. Un match nul suffit donc au HAC. Vingt-trois ans que le club doyen a quitté la première division. Une éternité. Toute une génération de supporters n'a jamais connu l'élite. Ce soir, le stade Jules-Deschaseaux sera bondé. Un chaudron tout acquis à la cause des Hacmen. Le public havrais, dont la réputation n'est plus à faire, est qualifié de "public à l'anglaise" et est le plus chaud du championnat, mené par un Kop déterminé, officiellement créé en association un an auparavant. Toutes les conditions sont réunies pour vivre une belle fête...

Depuis une semaine, et la victoire à Orléans où ils s'étaient déplacés à plus de mille, les supporters havrais sont sur des charbons ardents. L'après-midi, les meneurs du Kop se retrouvent place de l'Hôtel de Ville. Le but : rejoindre le stade Jules-Deschaseaux à pied avec drapeaux et tout ce qui peut faire du bruit. Les klaxons des voitures accompagnent le défilé qui ne s'offre qu'une seule pause : rue de Verdun, devant la maison de Bernard Romby, l'habituel capitaine, qui sera le grand absent de la rencontre, blessé à l'entraînement quatre jours plus tôt. Une ovation lui est réservée, et le cortège repart pour gagner un Deschaseaux où l'effervescence est déjà visible. 

Nombre de personnes tournent autour du stade pour tenter de trouver des places. Ce sera à guichets fermés, bien évidemment. Des jeunes revendent des billets d'entrée, puisque, dans la semaine, le président Hureau a décrété que l'entrée serait gratuite pour les moins de 16 ans. Une fête populaire, un événement qui dépasse l'entendement. A 18h, lors de l'ouverture des portes, c'est de la folie ! Les supporters se ruent dans le kop, gagnent leurs places habituelles, et commencent à chauffer l'atmosphère. Chacun a son drapeau : on mettait alors un point d'honneur à avoir le plus beau, le plus grand, le plus original. Pas de local où stocker le matériel, on venait et repartait avec. Au fil des minutes, le stade se remplit. Le kop est déjà plein comme un oeuf, et le speaker demande de se serrer un peu plus parce qu'il y a encore des supporters à l'extérieur... Les gens se massent dans les escaliers, derrière les grilles, sur la terrasse devant la buvette, et même sur les toits !

A l'échauffement, le ton monte d'un cran. En face, côté Harfleur, perdus au milieu des Havrais (pas de parcage à cette époque), les quelques dizaines de supporters mulhousiens agitent leurs drapeaux, mais on ne les entend pas, les décibels ciel et marine couvrent leurs voix. Au coup d'envoi, c'est tout un stade qui gronde, trépigne, s'agite, et pousse les Ciel et Marine. Qui accompagne les montées de "Carpette", qui tire les coups francs avec Miloszewicz, qui souffre avec Vidot lorsque celui-ci est au sol et revient avec un joli pansement autour de la tête. Et qui acclame Casanova lors de deux arrêts magnifiques alors que le score est encore de 0 à 0. Car on n'en restera pas là. Car l'histoire va être belle, magnifique, sublime, idéale. Car, à la 83e, bien lancé par Bensaoula, c'est Pascal Pain, le tout jeune "Ti-Pain", le Havrais pure souche, originaire des Neiges, qui trompe Tempet, le gardien mulhousien, et fait chavirer des tribunes, trembler le sol, se soulever ces milliers de supporters unis dans la même liesse, hurlant leur bonheur. Les "Le HAC en D1" résonnent dans la nuit havraise, et c'est une extraordinaire clameur qui s'élève lorsque l'arbitre, M. Lopez, siffle la fin de la partie. Peu à peu, les supporters déferlent sur la pelouse, entourent les joueurs, les portent en triomphe, se tombent dans les bras, se congratulent. Le Graal de la D1 est enfin entre nos mains !

Toute la nuit, les voitures klaxonneront, les drapeaux s'agiteront, aux Régates où les joueurs célèbreront la montée, au bar HAC, boulevard de Strasbourg, qui ne désemplira pas, dans toutes les rues de la ville.... Une fête inouïe, inoubliable qui, à jamais, a marqué les supporters havrais. Lesquels ne peuvent passer à côté de cette date. Cela valait bien de ressortir les archives et de vous montrer ce que fut ce 11 mai 1985...

 

Une vidéo postée il y a quelques années et mixée par Ramosé :

 

Des archives de l'INA :

Le HAC monte en première division

Pour le match décisif contre Mulhouse, le stade Deschaseaux du Havre était plein à craquer. Après une première mi temps hachée par de très nombreux coups francs, c'est par une action individuelle de Pascal PAIN que Le Havre marque en fin de seconde p...

http://www.ina.fr

 

Et quelques archives personnelles, dont des articles et photos de la presse locale et nationale :

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